Métier5 min de lecturePar La rédaction So Tarot

Les arcanes majeurs dans l'ordre : le voyage du Fou en 22 cartes

Lisez les majeurs comme une suite plutôt que comme une liste et le jeu cesse d'être 22 choses à mémoriser. Il devient une histoire que vous reconnaissez déjà.

Pourquoi l'ordre compte

Les vingt-deux arcanes majeurs sont numérotés, et la numérotation n'est pas décorative. Disposés du Fou à zéro jusqu'au Monde à vingt et un, ils se lisent comme un seul arc : un personnage qui ne sait rien se met en route, rencontre toutes les sortes de maîtres et d'épreuves, se défait, et revient entier. Les auteurs de tarot appellent cet arc le voyage du Fou depuis le milieu du vingtième siècle, et c'est la façon la plus utile de garder les majeurs en tête, parce qu'une histoire se retient bien mieux qu'une liste.

C'est un cadre de lecture, pas un fait historique. Les premiers jeux ne venaient pas avec ce récit. Mais la suite a été conçue pour aller du terrestre au cosmique, et la lecture en voyage rend ce mouvement lisible. Servez-vous-en comme d'un échafaudage.

Zéro : le Fou se met en route

Le Fou porte le zéro parce qu'il n'est encore rien. Il se tient au bord de la falaise avec un petit baluchon et un chien à ses talons, le regard levé plutôt que baissé. Il est le potentiel sans l'expérience : chaque commencement, chaque saut, chaque moment où la chose raisonnable serait d'attendre et où l'on y va quand même. Tout ce qui suit est ce qui lui arrive.

De un à sept : apprendre le monde

La première rangée parle du monde extérieur et des figures qui lui apprennent à y vivre.

Le Bateleur (I) lui montre qu'il a des outils et que la volonté façonne les choses. La Papesse (II) lui montre ce que la volonté n'atteint pas : l'intuition, le silence, ce qui se sait sans se dire. L'Impératrice (III), c'est l'abondance, le soin, le corps, le monde créé. L'Empereur (IV), c'est la structure, la loi, et l'autorité qui rend un monde assez stable pour qu'on y vive.

Vient ensuite Le Pape (V), qui lui transmet la tradition : la sagesse reçue des institutions et des maîtres. Les Amoureux (VI) le placent devant un vrai choix et une vraie autre personne, et lui demandent ce qu'il valorise. Le Chariot (VII) est le diplôme de la première rangée : il en a appris assez pour atteler des forces contraires et conduire. Il a une volonté, une direction, un élan. Il croit avoir fini.

De huit à quatorze : se rencontrer soi-même

La deuxième rangée se tourne vers l'intérieur. Le monde a été appris ; c'est maintenant le soi qui doit l'être.

La Force (VIII) montre que le lion ne se dompte pas par la force mais par la patience, et que la première chose à maîtriser est son propre appétit. L'Ermite (IX) se retire pour chercher ce que la foule ne peut pas enseigner. La Roue de Fortune (X) enseigne que certaines choses tournent sans vous : la chance, les cycles, le moment. La Justice (XI) pèse ce qu'il a fait jusque-là et lui remet les conséquences.

Le Pendu (XII) est l'abandon que Le Chariot n'aurait pas pu imaginer : tout voir autrement en renonçant au combat. La Mort (XIII) achève ce qui a fait son temps. Tempérance (XIV) est le diplôme de la rangée : le mélange des contraires en quelque chose de neuf et de stable. Il ne conduit plus. Il coule.

De quinze à vingt et un : le motif plus large

La troisième rangée est celle où le voyage cesse d'être personnel.

Le Diable (XV) lui montre ce qui le lie encore : les chaînes sont lâches, et il ne l'a pas remarqué. La Maison Dieu (XVI) abat ce qui était bâti dessus. L'Étoile (XVII) est ce qui reste après la chute : l'espoir, et un ciel dégagé. La Lune (XVIII) est la longue marche dans l'incertitude, où rien n'est tout à fait ce qu'il semble. Le Soleil (XIX) est la clarté et la joie, simples et imméritées.

Le Jugement (XX) est l'appel à se lever et à répondre du voyage entier. Le Monde (XXI) est l'achèvement : la danseuse dans la couronne, tout intégré, prêt à recommencer. C'est pourquoi le Fou le suit. La suite est un cercle.

Se servir de la suite dans un vrai tirage

Le cadre du voyage donne à chaque majeur un voisinage. Quand La Maison Dieu apparaît, vous savez que L'Étoile suit : la carte porte sa propre suite. Quand La Force apparaît, vous savez qu'elle vient après Le Chariot : la situation a dépassé ce que la force peut faire. Le nombre vous dit où dans l'arc vous vous tenez.

Il donne aussi une idée de l'échelle. Un tirage chargé en première rangée parle de circonstances et d'autres personnes. Un tirage chargé en deuxième parle de travail intérieur. Un tirage chargé en troisième parle de quelque chose de plus grand que le problème immédiat. Ce n'est pas une règle, mais c'est une bonne première question quand un tirage compte plusieurs majeurs.

Enfin, il rend le jeu mémorable. Vingt-deux noms sont difficiles. Une histoire en vingt-deux scènes ne l'est pas. Racontez-la-vous une fois avec les cartes disposées en trois rangées de sept et le Fou au-dessus, et vous constaterez que vous n'avez plus besoin du livre pour les majeurs.

Questions fréquentes

Quel est l'ordre des arcanes majeurs ?

De zéro à vingt et un : Le Fou, Le Bateleur, La Papesse, L'Impératrice, L'Empereur, Le Pape, Les Amoureux, Le Chariot, La Force, L'Ermite, La Roue de Fortune, La Justice, Le Pendu, La Mort, Tempérance, Le Diable, La Maison Dieu, L'Étoile, La Lune, Le Soleil, Le Jugement et Le Monde. Certains jeux plus anciens, dont le Tarot de Marseille, placent La Justice en VIII et La Force en XI ; l'ordre ci-dessus est celui du Rider-Waite-Smith, que la plupart des jeux modernes suivent.

Qu'est-ce que le voyage du Fou ?

Une façon de lire les 22 arcanes majeurs comme une seule histoire. Le Fou, numéroté zéro, se met en route sans rien savoir, apprend le monde extérieur dans les cartes un à sept, se rencontre lui-même dans les cartes huit à quatorze, et affronte le motif plus large dans les cartes quinze à vingt et un, pour finir entier au Monde. C'est un cadre d'interprétation moderne plutôt qu'une origine historique, et un excellent aide-mémoire.

Pourquoi le Fou porte-t-il le zéro ?

Parce qu'il est le potentiel plutôt que quelque chose de déjà réalisé. Le zéro le laisse hors de la suite : il est le voyageur, et les 21 autres cartes sont ce qu'il rencontre. Cela permet aussi à l'arc d'être un cercle, puisqu'après Le Monde à 21 le Fou repart.

Quels arcanes majeurs sont les plus positifs ?

Le Soleil, L'Étoile, Le Monde et Tempérance sont ceux que les lecteurs accueillent le plus volontiers. Mais chaque majeur a sa place dans le voyage, et ceux que l'on redoute, La Maison Dieu et La Mort, sont ceux qui rendent les suivants possibles.

Les cartes de ce guide

La signification complète de chaque carte citée ci-dessus, en anglais.

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